vendredi 31 décembre 2010

L' anarchiste bohême



Gustave Moreau.

Parce que je n' aime pas renier une belle histoire passionnée même si elle a pris fin, je souhaite une bonne année à celui qui m' a inspirée ce poème.Restons amis.


Il fait du quotidien une amarre qu' on largue,
Le" cursus honorum" le laisse indifférent,
Ses ailes de rêveur au songe itinérant
Le mènent aux flamants des marais de Camargue.

Quand palpite le ciel vibrant des tramontanes,
Que le soleil languit de rouge maladie,
Il pense la splendeur des mondes de jadis
Qui git dans le regard des chanteuses gitanes.

Mage aux mains pleines d' or, et de myrrhe et d' encens,
Il tisse ses tableaux d' idées mystérieuses,
Sonore est son sourire en sa bouche sérieuse,
Les accents de sa voix ont des rythmes dansants.

Vagabond des sommets jusqu' aux caveaux voûtés,
Il est l'explorateur de tous mes univers,
Habitant clandestin de chacun de mes vers,
Son verbe à l' infini me retient envoûtée.

mercredi 29 décembre 2010

La licorne



Gustave Moreau: les licornes


Les fins d' année rendent nostalgiques, voici mon premier poème écrit à seize ans, en souhaitant qu' il n' était pas prémonitoire!

Les torsades nacrées de ta corne d' albâtre,
Filent dans l' infini des paradis perdus,
Tissent d' or et de jais les univers grisâtres,
Entre abîme et lumière à jamais suspendus.

Précieuse couronne aux cascades d' écume,
Ta corne est un joyau éclairant les tenèbres,
Et l' écrin blanc serti où ton oeil se consume,
Traîne à ses filaments les légendes célèbres.

Les tornades sacrées de tes courses folâtres
Laissent dans les regards d' ineffaçables traces,
Promenades dorées, où tes éclairs blanchâtres
Traversent le hasard de la nocturne masse.

Tel un mortel poison, ta robe est un ciboire,
Où coule le nectar aux charmes enchanteurs;
Les rasades sucrées, ivresses illusoires,
N' ont jamais pu tâcher ton pelage trompeur.

Tu fuis vers l' infini de nos espoirs déçus,
Entre abîme et chimère sur ton piédestal,
Les amoureux impurs que là tu as reçus,
Vont se briser à terre comme le cristal.


samedi 25 décembre 2010

Equinoxe


Giotto: nativité


Satan crut triompher en son rictus de hyène;
Quel clair - obscur combat en l' être se livrait,
Pour sauver le bon grain en plein coeur de l' ivraie,
Quand l' Aube s' imposait aux ténèbres païennes.

En vain son vil blasphème affreux comme un crachat
Lâcha-t-il au monde une imprécation maudite,
Depuis des décennies la sagesse médite
L' incroyable miracle d' un divin rachat.

L'époque a beau varier, que changent les décors,
Tant pis si les libres penseurs s' en incommodent,
Même si l' air du temps souffle bien d' autres modes,
Je sais que je suis âme avant que d' être corps.


samedi 18 décembre 2010

L' âme erre



Cross: nocturne aux cyprès


C' est dans le clapotis de l' eau crépusculaire
Que vont chanter les voix que le passé oublie,
Un visage estompé dont le reflet faiblit,
Peine à se dessiner sous la nappe stellaire.

A peine as tu quitté le liquide natal,
Par un funeste oracle sans doute escorté,
Qu' un tourbillon funèbre au styx t' a transporté,
Passager clandestin d' un voyage létal.

Dieu que le soir est doux sous les pins parasols,
Le vent bruit sur le sable son triste verbiage,
La mer s'unit au ciel en un précieux alliage,
Et des larmes de lune ont allumé le sol.

Dans l' algue échevelée que la marée émonde,
Dans le frais grain de peau qui teinte l' horizon,
Ton être illimité ne sait pas de prison,
Il habite la plage;elle est son nouveau monde.

samedi 11 décembre 2010

La deuxième moitié platonicienne



Waterhouse: hylas et les nymphes


A l' heure où j' errerai, fantôme d' opéra,
Comme un ange déchu qui aucun ciel ne souhaite,
J' aimerais balader une osseuse silhouette
Dans d' idylliques lieux où mon coeur espéra.

Je ne hanterai pas de manoir écossais;
Pas même lavandière des bretonnes landes,
Je n' irai pas gémir aux bois de Brocéliande,
Ni grincer dans les meubles où tu t' adossais.

Mais dans tous les musées que nous aimions naguère,
Jaillis d' anciens portraits, mes yeux te hèleront;
Les pans de mon linceul comme des ailerons,
Sillonneront les lacs où nous n' allons plus guère.

Le vent criera mon nom le long des bords de mer
Hors du temps qui brandit sa terrible balance,
Et dans le monastère où s' entend le silence,
Je pleurerai le sort des êtres qui s' aimèrent.

dimanche 5 décembre 2010

Malagueña maldita


Blake: Caïn

La tristesse, en nos os, substantifique moëlle,
Ne cesse de verser sa myéleuse cigüe,
La douleur en point d' orgue est un accent aigu
Qui scande la chanson de la mauvaise étoile.

Serait- ce héréditaire,est- on prédestiné?
Quelque esprit démoniaque au desseins indicibles
Aime-t-il s' amuser avec d' humaines cibles?
Le spectre d' Attila veut- il nous piétiner?

Si l' on ne doit passer qu' un peu de temps sur terre,
Pourquoi l' arbre de vie serait empoisonné,
Dans son Eden désert,en friche, abandonné;
Il faut faire son deuil.Sanglotter et se taire.

Je ne suis ni difforme,infirme ni débile,
Se plaindre dans ce cas peut paraître indécent,
Je brûle cependant du fer incandescent
Qui mutila mon front d' un sceau indélébile.

vendredi 26 novembre 2010

L' homme erre


Ulysse, que les mers de lourds fardeaux allègent,
Séduit par Calypso mais fascinant Circé,
D' âpres imprécations non content de forcer,
Cesse de déjouer les divins sortilèges.

Tu es l' homme rusé, nous te devons patience,
Roué à l'art de plaire d' un Casanova,
Tu restes le motif du noble canevas
Qui renaît chaque jour ébloui de ta science.

Si tu as parcouru des îles interlopes,
Si tu as survécu à Charybde et scylla,
Si malgré la tempête où ton mat oscilla
Tu as su dominer le pire des cyclopes;

Sache que ton aura ici se développe,
De tant de faits glorieux Ithaque se repaît,
Ta terre est ton berceau, c' est ton hâvre de paix,
Où vibrante t' attend la sage Pénélope.

Crane:les chevaux de Neptune.


mercredi 17 novembre 2010

là tout n' est qu' ordre et beauté




michel ange séparation des eaux et de la terre

Merci,Fred, pour cette jolie trouvaille, les compositeurs français sont méconnus et ces oeuvres d' art façonnés par un divin hasard donnent des envies d'avoir des ailes!

Ascension


Nous ne finirons pas sculptés dans la poussière,
Golems de Pompeï, pétrifiés en gisants,
Calcinés par la foudre en un éclair luisant
La main couvrant nos yeux aveuglés de lumière.

Nous ne finirons pas emmurés dans la terre,
Bercés des requiems d' officiants solennels,
Nos stèles constellées de regrets éternels,
Nos orbites scrutant le néant qui attère.

Nous ne finirons pas noyés dans les eaux troubles,
Fanions décolorés d' un esquif naufragé,
Les crabes n' auront pas nos restes outragés,
A l' heure où la tempête de fureur redouble.

Ta tendresse sera le solide radeau,
Où viendra s' amarrer, brisée mon âme fière,
Ta tendresse sera comme une montgolfière,
Que le vent poussera vers les Eldorados.

Là nous n' écouterons que le chant essentiel
Que murmure au couchant le monde apprivoisé,
Au dessus de la mer des étendues boisées,
Sur un sommet si haut, si haut qu' il touche au ciel.

samedi 13 novembre 2010

Coldplay - Trouble

l' émotion des moissons , les moissons d' émotions



Grand jeu d' un âge étrange,
Courtois et médiéval,
Grapiller dans le val
Le bon grain qu' on engrange;

Enrichie de semailles,
Des champs la mosaïques,
Au son des chants laïcs,
Tissée d' or en ses mailles

Embarque pour Cythère
Un glaneur au bras ferme,
Une fille de ferme,
Amoureux de la terre.

La moisson de l' automne
Est une mort de cygne,
Il faut piller la vigne
Avant que ciel ne tonne.

Au soir faire ripaille,
De vin s' emplir la panse,
Ultime récompense,
Se vautrer dans la paille!

Van gogh: le semeur, le soleil

lundi 8 novembre 2010

L' air et le feu


Tu siffleras en vain la valse des bourrasques,
Soulevant les haillons de mon jupon sanglant,
Sifflant les viles salves de jurons cinglants,
Pour à peine effleurer l' or rougi de mon masque.

J'ai beau tenter l' ardeur de braises inutiles
En gerbes d' étincelles afin de te figer,
Mais tes airs arrogants pas même fustigés
De leur dur ouragan sans peine me mutilent.

O vent je suis le feu, de toi je me nourris,
Je consume affamé les rêves dépités,
Ton souffle est le baiser qui me fait crépiter,
Ce baiser sur mes plaies ouvertes qui sourient.

Ta longue haleine un soir de sa langue touchant
La langue de ma flamme enfin cautérisée,
Tes soupirs emmêlés à mes pleurs irisés
Offriront à l' aurore leur soleil couchant.

Georg Grosz: explosion

mardi 2 novembre 2010

Catalane strophe


O Catarinetta bella

La nature amplement prodigua ses largesses,
Sur ton berceau les fées longtemps se sont penchées,
Laissant leur grâce ailée mouvoir ton déhanché,
Gitane qui n' agis pourtant qu' avec sagesse!

Nouvelle Esmeralda éclipsant les Phoebus,
Ton regard lumineux fait rougir bien des astres,
Mais il darde, amusé, dédaigneux des désastres,
L' inextinguible feu d' un mystérieux rébus;

Beau fauve, il n' est pas né, celui qui domptera
Le souple mouvement de tes danses félines,
Qu' il ose à ton balcon sa chanson cristalline,
Sa douce sérénade en vain te tentera;

Il est un seul secret profond comme la tombe
Pour lequel ta main fine enfin pourrait vibrer,
Pour lequel l' aube et l' ombre enfin équilibrées
Pourraient ressusciter la lueur qui succombe,

La lueur de l' espoir.Quel est donc ce secret?
Tu cherches l' alchimie des beautés bicéphales,
Rêves manichéens, pierres philosophales...
Ne le savais- tu pas? C' est en toi qu' ils se créent!

Picasso: femme en costume espagnol


lundi 25 octobre 2010

la version originelle


"Entre la femme et toi sera l' inimitié."
Qu' allais tu donc quérir au coeur de cette pomme,
Avide du savoir qui seul tenterait l' homme,
Mais vous mériterait des guerres sans pitié?

Sur ton corps façonné par un démiurge esthète,
Des formes ondulantes furent dessinées
En souvenir de l' ombre qui t' a fascinée
Quand ton pire ennemi vers toi dardait sa tête.

Ce serpent ce n' est pas un caducée d' airain,
Ni un mâle attribut,qui du haut mal guérisse,
Il n' est pas de Satan l' horreur qui te hérisse,
Il est dans ton miroir le reflet vipérin.

Blake: Eve tentée par le serpent


dimanche 17 octobre 2010

Nekuia



Volcans incandescents, eaux troubles ,sables d' ocre,
Mortifères cours d' eau, roches dont les cerneaux
Enserrent l' âme élue de leurs bras infernaux,
L' âme haïe du vulgaire, abhorrée du médiocre,

Je vous traverserai.Elle est la clef de voûte
D'édifices secrets des royaumes défunts,
Son corps non corrompu exhale un tel parfum
Qu' il voile les relents de soufre de vos soutes.

Sans tourner son regard vers d' anciens souvenirs,
Son doigt au mien uni comme Adam au démiurge,
Atteignant la surface où l' ascèse nous purge,
Elle fera de nous un ciel en devenir.

Delville: Orphée et la danse des âmes

mardi 5 octobre 2010

l' or voir



Anthony Fredericks sandys

Si les monts liquéfiés sous la fonte des neiges
Quand le soleil aux cimes des sapins s' empale,
Ont perdu sous tes pas leur virginité pâle,
Quand d' humbles cervidés finissent leur manège;

Si la mer érodant le socle des falaises,
Lamine des trous d' eaux aux algues marinées,
Quand ton oeil délavé sur tes joues burinées
S'est noyé dans l'écume acculé au malaise;

Si dans les bois tressés sans trêve tu t' ereintes,
Dans tes habits tissés, tes membres engoncés,
En ce dédale obscur si tu t' es enfoncé
Pour délier de tes peurs l' étrange labyrinthe;

Enfin si au désert où ton Dieu fut tenté,
Le vide t' a parlé de sa chanson muette,
Quand le vent insolent de sarcasmes te fouette
Tu as presque failli à tes jours attenter,

Dis toi qu' un au revoir est la porte béante
Sur de nouveaux ailleurs à peine imaginés,
De nouveaux horizons bientôt vont dessiner
Aux célestes cités des coupoles géantes.





Pour les admirateurs de la poésie classique en quête d' un renouvellement de la beauté du vers à travers des motifs actuels,je suis heureuse de faire partager à mon public restreint mais de qualité un site d' un héritier du Parnasse doublé d' un penseur moderne:http://przyborowski.unblog.fr/2010/10/01/in-memoriam/#comment-57

mercredi 22 septembre 2010

pierres précieuses



Hubert Robert


Que suivent les regards ovales des statues,
Quelle allégresse suave imprègne leur sourire,
Pourquoi les pluies, le temps,les maux qu' elles souffrirent,
Les laissent -ils de marbre, jamais abattues?


Que ce soit les chateaux qu' elles hantent, blaffardes,
Qu' elles traînent leur ombre aux ruines délaissées,
Gisants de basilique aux socles affaissés,
Anges des toits d' église où le couchant s' attarde;


Du goufre à l' infini, ce sont des majestés
Gardiennes des mystères de la grande histoire;
Elles voient du destin la marche aléatoire,
Sans que leurs yeux de larmes ne soient infestés.

mardi 31 août 2010

Hurlevent


Desains: femme asphyxiée



Pousser le premier cri tel qu' au moment de naître;
Exhaler son malêtre comme un vieux démon
Chassé par le plein air entré à plein poumons,
Du courant frais versé à l' oeil de la fenêtre;

Revivre comme on meurt d' élans desespérés,
Laisser d' anciens cocons l' inutile défroque,
D' ombilicaux cordons où l' avenir suffoque
Trancher l' anneau flétri, de nécrose opéré.

Mon âme, sors d' ici, quitte ce corps malade,
File dans les éthers des vents décolorés,
Des mélodies du temps entends la logorrhée,
A l' oreille absolue va donner l' accolade.

Approche le sublime aux faisceaux irisés,
Quand s' endort le soleil baigné dans son sang d'or;
Quand l' ombre dessine à l' église un nombre d' or,
Le beau presque palpable aux murs vient se briser.

Alors toi la maudite hurlant qu' on en finisse,
Eructant tes giclées de lumière et de son,
Tombe aux genoux de Dieu, touché par ta chanson,
Afin qu' infiniment son Verbe te bénisse.

dimanche 22 août 2010

Le teste amant



Léon Coignet: scène du massacre des innocents.



Tant de contradictions de tous ces faux oracles,
Pourtant je t'attendais, brisée, à bout de forces,
Fragile urne de sève vibrant sous l' écorce,
Je tenais le Saint-Chreme en mon fier tabernacle.

Mais cette onction fragile coulait goutte à goutte,
Comme le cerveau d' or qu' un ongle avide râcle,
Pour te garder en vie, il fallait un miracle,
Les mages se sont tus car le sang les dégoûte.

Tu t' es vidé de vie comme peau de chagrin,
Vieux bureau que plus un seul dossier ne dérange
Moi le pauvre silo où plus rien ne s' engrange
Je vais crier famine quand se meurt le grain.

Passez votre chemin quand la souffrance lance,
J' avais ce petit corps en offrande brandie,
Aumône inespérée que les mères mendient,
Alors rendez le moi sinon faites silence.

samedi 14 août 2010

disponible dans les kiosques





Raoul Dufy:le paddock



Le temps tourne l' aiguille en tissant sa dentelle,
Le mouvement agite en vain son éventail,
Ce siècle éteint se fige en ouvrant le portail
Du jardin de beauté qui vit à Bagatelle.

Les étangs sont miroirs pour l' âme ensorcelée,
La promesse se baigne à l' onde des cascades,
L' harmonie se précise au gré des promenades,
Le kiosque a consolé les amants esseulés.

Gravissant la spirale, enfin je l' oserai,
Cet éternel serment qui scelle notre pacte,
Les hommes et les dieux enfin en prendront acte:
Car je t' épouserai en cette roseraie.

Le mot et la couleur souvent si démunis,
En cette ère du chiffre allié au rendement,
Vont publier les bans d' un mariage dément:
Un peintre et un poète dans ce parc unis.

samedi 7 août 2010

physique cantique



Ernst Fuchs: David et Bethsabée




Une vie en bouton aussitôt effeuillée,
Bourgeonne à fleur de peau comme un noir mélanome,
Et l' encre ensanglantée qui pleure dans tes psaumes
Résonne en triste écho sur ta lyre endeuillée.

A quoi bon être roi au bras de Bethsabée
Pour finir en momie que les prêtres embaument
Ou tenir une main toute froide en sa paume,
Serrant contre son sein un petit macchabée?

Quant à la pécheresse oppressée de remords
Qui en tenant ton sceptre avait la terre entière,
Elle voit en son ventre un affreux cimetière,
Tabernacle morbide pour un enfant mort.

Terrible tentation!répudier la fautive,
S' imposer des regrets aussi gluants qu ' un poulpe,
Errer comme un maudit, gémir ,battre sa coulpe
En hurlant dans le temple d' acres invectives...

Apaise toi, David, heureux nous te nommons,
Nous, hermétiques anges porteurs de messages,
Car ta femme éplorée portera le plus sage
Parmi tes descendants:le noble Salomon.

La tige de Jessé aux racines antiques
Fera éclore en lui sa plus rare orchidée,
La reine de Saba célébrant ses idées
Viendra lui inspirer le plus beau des Cantiques.

jeudi 15 juillet 2010

Mouloudji, La Complainte de la butte

Le Sacré coeur a ses raisons





Utrillo: Montmartre
Photos:moi-même,hu hu!

Il ressemble à l' amour, ses façades trop blanches,
Ses domes byzantins par trop occidentaux,
Des oraisons désuettes sont les blancs manteaux...
Sur son parvis pavé les couples se déhanchent.

Cerise du gateau des sommets de Paris,
Il essuie les affronts de tant d' iconoclastes,
Des fientes des pigeons qu' indiffère son faste
Aux larmes des amants,ruisseau jamais tari.

Ses mozaïques d' or souvent deshonorées
Par les regards impies de leurs yeux froids nous toisent,
Indignées vainement: les profanes dégoisent,
Insouciants de leur Dieu aux peines ignorées.

La ville est une mer dont son choeur est le phare,
J' ai rêvé nos amours entre rime et couleur,
Naufragées de la gamme entre extase et douleur,
Qui trouvaient un refuge en son reflet blafard.

mercredi 30 juin 2010

Lore du Rhin






Krupa krupinski, Loreley

Koler Johan, Loreley

Pyle Howard ,the mermaid

Von steinle, Loreley



Le vent souffle l' hymen en déroulant tes boucles,
Comme un vieux volumen, savante Loreley,
L' alchimie en tes yeux que de longs cils balaient
Luit en reflets curieux comme des escarboucles.

Si l' eau se change en or,ce n' est pas la voilure
De ce précieux esquif qui porte ton amant,
Comme une arche sertie d' un fleuve de diamant
Naviguerait sur l' onde de ta chevelure.

Ce n' est pas le trésor de ton puissant royaume
Offert au dieu du fleuve afin de l' implorer
Qui allume le sable en rayons colorés
Quand tu vas au couvent auréolée de psaumes.

Ce n' est pas le foyer des braises qui s' emballent
Au tourbillon moqueur d' orgiaques sabbats
Flambant aux abysses,enfers marins, là bas,
D' un fluide sang de feu paraphant la cabale.

Non, quand tu t' es noyée, lunaire loreley,
Lassée de ton reflet, maléfice inutile,
Fardée du teint blafard de ton masque futile,
Ton coeur se liquéfia en larmes de soleil.

lundi 28 juin 2010

Aimer à perdre l' horizon




El Greco: le tryptique de Modène.

Entre neiges et flammes l'iris grelottant,
De ton oeil qui me damne, utopique géhenne,
D' un voile noir et blanc,triste énigme égéenne,
Grise L' ambré halo aux reflets tremblottants.

Comme le fier Numide a dû capituler,
Mon coeur décapité se noie en rive humide,
Ton regard égorgé si grave m' intimide,
Ce lacrymal nectar, ma coupe de Thulé.

Ophélie naufragée d' acryliques canaux,
Des huiles colorées je veux être alcoolique,
Tes toiles ont tinté d' hymnes mélancoliques,
Ton art,oeil de Caïn, me ceint comme un anneau.

lundi 21 juin 2010

l' expo too munch du dernier cri




madone, le baiser,Munch



Hardi, coup de crayon, va -t-en dessiner l' isthme,
Entre ébauche et génie,Tranche donc sapristi,
Profane du parfait la noble sachristie
Suscite des groupies l' enthousiaste snobisme.

Assume le brouillon, jouis de l' inachevé,
Dans l' ébauche l' impie verra son nombre d' or,
Dans l' informe l' ignare ira au dieu qui dort,
Tenant ferme un flambeau qui brûle à ton chevet.

Tu savais que ton cri fut le fruit du hasard,
Toi peintre clandestin en tes tatonnements,
Tu vomis des critiques les annonements
Qui voient l' académisme en ton art maquisard.

Dans tes portraits en ombre et rouge vermillon,
Où la bouche est un gouffre béant sur nos âmes,
Un seul de tes tableaux est du beau le césame,
Ce cri controversé, d' une oeuvre l' aiguillon.