mardi 8 mars 2011

La chatte sur un toi brûlant


Renoir: jeune garçon au chat.


Si un soir une chatte à tes pieds se frottait,
En ton jardinet insulaire,
Ou qu' en entrechats souples vienne tressauter,
Dans le printemps crépusculaire,

Laisse la donc entrer juste pour une nuit:
Elle saura par ses caresses,
Te délasser de la blessure de l' ennui,
En te faisant mille tendresses.

Sa queue de soie dressée comme un orgueilleux if,
Effleurera tes mains diaphanes,
Pour toi seul le velours tapissera ses griffes
Aux ardeurs sacrées de profanes.

Sérieuse et pensive comme un ancien Kopte,
Elle connaîtra tes pensées;
Ses yeux pers supplieront en vain que tu l' adoptes,
Ses deux prunelles insensées.

Que s' égarent tes doigts sur son corps à l' envi
Sans se soucier de l' avenir:
Elle a pour te hanter sans se lasser neuf vies,
Neuf vies emplies de souvenirs.