jeudi 27 octobre 2011

au revoir

Je vous remercie des beaux moments passés avec vous, mais pour des raisons personnelles je ne remettrai plus la plume ici. Bonne continuation à vous!


Burne Jones: le Saint Graal

Vie de vide

Hurler à pleine bouche sur un cri béant,
Orifice essoufflé sur cette fosse creuse,
Humecté des sanglots de la lèvre peureuse,
Bec verseur d’ urne vaine remplie de néant ;

Je suis porte lumière déchu du pinacle,
Les prédateurs du soir ont éteint la bougie,
Vêtant d’ un masque noir les horizons rougis,
Dévorant chaque hostie d’ un défunt tabernacle.

L’ anxiété ma maîtresse aux amours pédérastes
A glissé sous ma peau ses possessives mains,
Une éternelle nuit d’ impossibles demains
M’obsèdera sans fin d’ un songe iconoclaste.

Je bois à la beauté des lignes hiératiques
Aux vestales figées dans l’ écrin des musées,
Tendant vers l’ infini des corps jamais usés,
C’ est une extrême onction, un remède un viatique ;

Je bois à mes amours de l’ homme en chaud et froid,
Dérivant des glaciers aux ciels d’ apocalypse,
Mon astre sidérant aux fréquentes éclipses,
Toi le gardien du feu et celui de l’ effroi.

Je bois à la douceur de la progéniture,
Miroir enjoliveur de l’ enfance abîmée,
Puissent ils échapper au destin élimé…
Je bois aux vérités sans nulle fioriture.

Gargarisée de mots, je ne bois que le vide,
Mon être meurt de soifs, légions qui sont pléthores,
Signé de cicatrices que rien ne restaure,
Mon être meurt du temps qui trop vite s’ évide.



David Bowie - Life On Mars par SamFisher037

lundi 24 octobre 2011

veautons





France mère patrie, j' ai mal à toi ma France,
La franchise en ton nom n' est que lettre hypocrite,
Notre droit de savoir est info mal transcrite,
De ta publique raie émane un goût de rance.

Toi le parti social, tu hisses les bourgeois;
D' intestines guéguerres sans fin te fissurent,
As tu donc oublié nos combats, nos blessures
Pour de vils intérêts sans honneur et sans joie?

Toi droite malhabile aux orgueilleux passés,
Ton présent se nourrit des affaires suspectes,
Puisant en nos trésors des richesses infectes,
Tu dresses des autels aux gredins compassés.

L'Anarchie dans nos bottes, surtout les cloutées,
Nous fait en portefeuille un lit aux dictatures,
A l' extrême en tout genre elle livre en pature
Les espoirs du peuple, des autres dégoûtés.

Mon pauvre communisme, défunt camarade,
Que sont tes idéaux si nobles devenus?
Ils dorment dans les coffres de vils parvenus
Qui séduits par l' argent te laissèrent en rade.

Je suis lasse d' entendre tous ces béotiens,
Croyant nous diriger sur des routes royales,
Enfin menons franc jeu, jouons à la loyale,
Savez vous parler vrai , vous nos politiciens?

Nous avouerez vous donc que nous sommes vendus
A des maçons peu francs qui notre âme détruisent,
A l' impur , à l' abject, nos enfants ils instruisent,
Béant vers vos médias, leurs lèvres suspendues.

Du haut de vos palaces , du fond des taudis,
Entendez notre cri vomissant de la haine,
Nous refusons ce pain, ces jeux qui nous enchaînent,
Vous nous avez trahis, sans fin soyez maudits.

mercredi 12 octobre 2011

Peindre ou faire l' amour ( oh moi la peinture...)


Von Stuck: Oedipe et le sphynx


Les huiles nous oindraient pour une île Cythère,
Scellés par un verrou nous abritant des risques,
Je serais du sérail ta plus belle odalisque
Médusée par ton corps,savourer et se taire.

S' aimer à toute veine et à même le sol,
Oedipe intelligent éclaircisseur d' énigmes,
Erémitique Sphynge amie du paradigme,
Offrant à la lumière mille tournesols.

Se peindre sans mesure, oser sans inertie
Le pari pariétal des fresques de Florence,
Accéder au sublime, ignorer l' ignorance,
Deviens le chevalier de Dame sans merci.

Sur ton fier chevalet aux arêtes si dures,
Nouvelle Francesca , ou nymphe , ou Galatée,
Offerte à ton pinceau d' aventures athées,
J' oublie que la Beauté jamais longtemps ne dure.

mercredi 5 octobre 2011

Mon lecteur silencieux





Bon anniversaire mon géant danois, je te souhaite...rien, car tu as déjà tout...et j' ai même l' impression que tu as un sacré ticket avec Erato!Regarde elle est toute triste en t' attendant!

Mon homme a la pudeur du nu sans fausse honte,
Il a dans ses yeux clairs force et honnêteté
Des peuples opprimés,des parias rejetés,
De tous ceux qu' aucun affront jamais ne démonte.

Mon homme a la splendeur de radieux avenirs,
Tout le sang du soleil circule dans ses veines,
Il oppose son rire à mes angoisses vaines,
Mon frère, mon amant, ne vois tu rien venir?

Mon homme a la puissance du sage Gandhi,
Il est le seul héros de tous les anciens contes,
De chaque heure du jour il sait faire le compte,
Il ne vieillira pas car sans cesse il grandit.

jeudi 29 septembre 2011

A tous les parasites de ma planète


Fussli: le cauchemar



On n' a pas su flairer leurs effluves infectes,
Ni voir leur nuée noire assombrir l' horizon;
Leurs colonies forment des barreaux de prison
D'où l' on ne peut sortir pas plus que d'une secte.

Cette armée s' insinue, prolifère à foison,
Impose sans éclats sa carapace terne,
Vous voilà menacé par ce péril interne,
Condamné à languir sous ce subtil poison.

Ils sont suceurs de sang qui boivent sur vos lèvres,
En vous assourdissant de leurs bourdonnements,
Jetant la confusion même en qui point ne ment,
Chassant l' air des poumons en pesant sur la plèvre.

Viande de ce festin, carcasse du méchoui,
J' attends sur mon autel que l' on me débarrasse
De cette race immonde d' animaux voraces,
A qui je ne dirai qu ' un sempiternel : oui.

Mais je rêve d' affronts, de paroles acides,
D' arènes maculées, de rouges pugilats,
De leur peau violacée d' ecchymoses lilas...
Un jour j' inventerai un bon insecticide.


mercredi 21 septembre 2011

un de ma race


Burne-Jones: Pygmalion et Galatée


A se cogner la tête à des murs sans oreilles,
On devient le tambour que les coups de poing crèvent,
Calebasse évidée, aux échos qui font grève,
Sourde aux voix qui promettent des monts et merveilles.

J' ai cru à des ailleurs, errants de nulle part,
Pour poser mon bagage alourdi de mes pleurs,
Tout là bas, hors du temps, sans frontière et sans heurts,
Vers des mondes meilleurs, vers de nouveaux départs;

J' ai cru à des sauveurs , messies d' anciens secrets,
Qui trop portaient leur croix pour consumer la mienne,
Mais ils ont immolé mon humeur bohémienne,
Nommée sorcellerie par d' austères décrets:

Gavés de certitudes jusqu' à la nausée,
Ils violaient les couleurs de ma toile idéale,
Ils m' assujettissaient et j' étais leur féale,
Pauvre esclave alanguie aux rêves cyanosés.

Vint Toi ,que je croisai jadis en Arcadie,
Tout ton être est la clé, tout ton corps est la porte,
Ta voix sait ranimer mon âme à demi morte,
Pigment pour aviver les teintes affadies.

Ton souffle créateur est une perfusion;
Je suis la Galatée éprise du démiurge,
Ta main me remodèle et ta science me purge,
Façonnant de vraies formes sur mes illusions.


mercredi 14 septembre 2011

Dualité


Fussli: Thor terrassant le serpent


Une nuit où la lune offrait ses formes rondes
Aux esprits tourmentés de soifs inassouvies,
J' entrevis le dessin de ces vagues envies
Blessant le coeur inquiet de leurs magmas qui grondent.

Faudrait-il redorer le choeur des cathédrales,
Payer le prix du sang des chairs déchiquetées,
Rapatrier chez soi les parias rejetés,
Apaiser de sa main l' agonisant qui râle?

Etre une élite ailée auréolée des lueurs
Des aubes embaumées d' un parfum de pardon,
Voir la fleur sommeillant au milieu des chardons
Entrevoir le rayon sous le nuage en sueur.

Mon maladif miroir recouvert de pustules,
Cesse donc de blamer mes lâches échappées,
De dégoûts impuissants je suis la rescapée,
A qui est- ce la faute si je capitule?

Il me faudrait la force des anciens héros
Pour extirper l' ivoire enlisée dans la crasse,
Pour chasser de l' angoisse une emprise rapace
Il faudrait les armées d' antiques généraux.

Alors doit-on aimer le péché qui fascine,
Lasser de faux bonheurs son âme lacérée,
Epuiser sa carcasse aux os dégénérés
Dans les mortels poisons du mal à la racine?

J' abandonne la boue des bouges infamants,
La fuite est une offense au bien que l' on gaspille,
Mon arme de combat désormais je la pille
Au sourire si franc des yeux de mon amant.