mardi 11 janvier 2011

les enfers artificiels



Jules Lefebvre: Marie Madeleine.


J' aurais préféré les paradis mais c' était déjà pris...


Oubli, emporte-moi en tourbillons de vide,
Comme feuille tuée aux rigueurs de l'hiver,
Comme ivrogne noyé de liquides divers,
Oubli,je porterai ton costume livide.

Un animal ailé sort de sa chrysalide,
Papillon dépouillé de l' ancien ver à soie,
Métamorphose fière de sa mort à soi,
J' irai parachever les légendes d' Ovide.

Oublier l'éventail infini du possible,
Ce qui aurait pu être en dépit des remords,
Ce qui aurait pu naître au fond d' horizons morts,
Oublier les matins des demains indicibles.

Plus de cris,plus de larmes,plus de sang bouillant..
Mais que la paix du soir m' absorbe au crépuscule,
Que la nocturne trêve aux pâles tentacules
M'aspire dans ses rêves d' étoiles grouillant.

Inviolable sirène aux abyssaux mystères,
Je regagne ma grotte aux antiques secrets,
Mon chant, ne charme plus de passant indiscret,
Le bonheur est diamant, mais c' est un solitaire.