mercredi 29 décembre 2010

La licorne



Gustave Moreau: les licornes


Les fins d' année rendent nostalgiques, voici mon premier poème écrit à seize ans, en souhaitant qu' il n' était pas prémonitoire!

Les torsades nacrées de ta corne d' albâtre,
Filent dans l' infini des paradis perdus,
Tissent d' or et de jais les univers grisâtres,
Entre abîme et lumière à jamais suspendus.

Précieuse couronne aux cascades d' écume,
Ta corne est un joyau éclairant les tenèbres,
Et l' écrin blanc serti où ton oeil se consume,
Traîne à ses filaments les légendes célèbres.

Les tornades sacrées de tes courses folâtres
Laissent dans les regards d' ineffaçables traces,
Promenades dorées, où tes éclairs blanchâtres
Traversent le hasard de la nocturne masse.

Tel un mortel poison, ta robe est un ciboire,
Où coule le nectar aux charmes enchanteurs;
Les rasades sucrées, ivresses illusoires,
N' ont jamais pu tâcher ton pelage trompeur.

Tu fuis vers l' infini de nos espoirs déçus,
Entre abîme et chimère sur ton piédestal,
Les amoureux impurs que là tu as reçus,
Vont se briser à terre comme le cristal.


2 commentaires:

  1. Bonne année à vous orfeenix! Et que vous souhaiter sinon de garder votre vie comme vous avez gardé le poème de votre jeunesse.
    Bon courage!

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  2. Quel gentil message qui fait chaud au coeur! merci Versus, et vous, gardez votre curiosité intellectuelle et votre enthousiasme juvénile.

    Isabelle.

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A vous, j' aime votre éclat de rire, vos émotions, vos critiques, pourvu que je vous entende: