mardi 2 novembre 2010

Catalane strophe


O Catarinetta bella

La nature amplement prodigua ses largesses,
Sur ton berceau les fées longtemps se sont penchées,
Laissant leur grâce ailée mouvoir ton déhanché,
Gitane qui n' agis pourtant qu' avec sagesse!

Nouvelle Esmeralda éclipsant les Phoebus,
Ton regard lumineux fait rougir bien des astres,
Mais il darde, amusé, dédaigneux des désastres,
L' inextinguible feu d' un mystérieux rébus;

Beau fauve, il n' est pas né, celui qui domptera
Le souple mouvement de tes danses félines,
Qu' il ose à ton balcon sa chanson cristalline,
Sa douce sérénade en vain te tentera;

Il est un seul secret profond comme la tombe
Pour lequel ta main fine enfin pourrait vibrer,
Pour lequel l' aube et l' ombre enfin équilibrées
Pourraient ressusciter la lueur qui succombe,

La lueur de l' espoir.Quel est donc ce secret?
Tu cherches l' alchimie des beautés bicéphales,
Rêves manichéens, pierres philosophales...
Ne le savais- tu pas? C' est en toi qu' ils se créent!

Picasso: femme en costume espagnol