lundi 8 novembre 2010

L' air et le feu


Tu siffleras en vain la valse des bourrasques,
Soulevant les haillons de mon jupon sanglant,
Sifflant les viles salves de jurons cinglants,
Pour à peine effleurer l' or rougi de mon masque.

J'ai beau tenter l' ardeur de braises inutiles
En gerbes d' étincelles afin de te figer,
Mais tes airs arrogants pas même fustigés
De leur dur ouragan sans peine me mutilent.

O vent je suis le feu, de toi je me nourris,
Je consume affamé les rêves dépités,
Ton souffle est le baiser qui me fait crépiter,
Ce baiser sur mes plaies ouvertes qui sourient.

Ta longue haleine un soir de sa langue touchant
La langue de ma flamme enfin cautérisée,
Tes soupirs emmêlés à mes pleurs irisés
Offriront à l' aurore leur soleil couchant.

Georg Grosz: explosion