Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
En d' autre mots car je ne suis pas Eluard, que jamais on ne nous dicte notre conduite et que l' on décide de ce qui est digne ou pas de nous.
Liberté.
Toi qui viens t' immiscer dans l' onde des toisons,
Létal baiser qui brise l' océan étale,
Oseras tu troubler ma rêverie foetale
Humectant mon hymen de ton mortel poison?
Nul tabou n' aboutit au seuil de tout on-dit,
Et la maladie même dont on dit du mal
Ne glace pas les sangs de son fluide hiémal
Car l' énergie de vivre en nos veines bondit.
Tu m' as inoculé le culte des mâtures
Avides des ailleurs aux lointaines saveurs;
Ce virus d' étranger d' ores a mes faveurs
Pour grandir l' horizon de mon âme immature.
Amibe du voyage , contamine moi,
Aux îles ignorées emmène moi bacille,
Ne laisse pas à terre cette ombre imbécile
Insipide,insensée, sans pensée , sans émois.
La danse macabre sert à montrer l' absurdité cynique de notre mort et notre égalité devant elle.
Aux babines la bave et sous la peau la rage,
Traînant le chapelet des heures égrenées,
Bouillant de bile noire en mon coeur gangrené
J' étais un opiomane à bout de son sevrage.
Tes yeux m' ont poursuivie comme l' oeil du caveau,
Jusqu' aux jours de labeur pour épuiser la chair,
Jusqu' aux nuitées, cuitée,Je l'ai payé bien cher
L' oubli de ces yeux là, ces yeux fleurs de pavot.
Les rires sans ta voix rendaient un son odieux,
L' alcool avait un goût de matière fécale,
La danse simulacre se traînait , bancale,
Telle macabre fresque de la Chaise -Dieu.
Pour qu' à nouveau mon sang afflue d' un tournemain,
Que la sève reparte en mon jaune décor,
Pour que soient réunies l' ombre et le pâle corps,
Je n' ai plus qu' à survivre en attendant demain.
Les eaux gris argenté en un sanglot se fendent;
Des larmes de cristal s' écoulent des glaciers,
Sous la saillie féroce de la proue d' acier
Du nouveau Titanic défiant le Groenland.
Ce drakkar assoiffé de tapisser sa soute
Non des butins sonnants qui dans l' ombre se vendent,
Mais des siences de l' algue unique au Groenland
Est le nouveau viking conquérant les Bouloutes.
Là des aventuriers dont tous les rêves tendent
Vers cette immensité d' un blanc hyperbolique,
D' Ittoqqortoormitt jusqu' à Amassalik,
Traversent les toundras pelées du Groenland.
Leurs yeux sont fascinés par ce Colorado,
Calciné par le gel et recouvert de lande,
L' immaculée taïga, robe du Groenland,
Terre plus inouïe que les Eldorados.
A en perdre la tête, à n' être plus latin,
C' est l' hymne scandinave que leur langue scande,
La féerie celtique règne au Groenland,
Jamais chassée par l' étoile élue du matin.
Les trolls peuvent sauter leur folle sarabande,
L' infini boréal est une longue nuit,
Son reflet est l' iris du regard des inuits,
Fouillant entre deux mers l' horizon du Groenland.
Les voilà épuisés , ils n' ont plus fière allure,
Pauvres aventuriers qui à la fin se rendent,
Terrassés par les vents mordants du Groenland,
Dont les lèvres gercées rient de leurs engelures.
Ils emportent chez eux les contes d' Andersen:
Une reine des neiges aux huskys commande,
Elle sait la magie blanche du Groenland
Et vous enseignera une vie noble et saine.
J' ai bu dans vos regard le vénéneux mystère,
Puisant en vos parfums de malsaines extases,
J' ai humé de mes mains sous vos robes de gaze,
Vos cristallines bouches m' ont promis Cythère.
Vous fîtes miroiter les ailes de Pégase,
Transformant les vrais sots en pseudo Prométhées,
A ceux qui vénéraient de rêveries athées
Les grâces ingénues, sous les gestes d' emphase.
La moiteur de vos peaux aux torrides étés
Exhalait les sueurs des reines de sabbat,
Ranimait la fureur d' hérétiques ébats
Que dansent les damnés sur le fleuve Léthé.
Vos plaintes psalmodiées, vos mots redits tout bas,
L' écho les emmêlait alimentant nos faims;
vos fausses tragédies, vos pauvres émois feints,
Nous laissaient entrevoir d' impossibles combats.
Vos chevilles ténues au grain de peau si fin,
Nos nuits les égrenaient en un très long rosaire,
Votre blancheur nacrée d' amantes légendaires
Reflétait l' or fleuri du front des séraphins.
J' ai joui du nectar de vos orgies amères,
Epuisant sous mes doigts vos beautés éphémères,
Fouillant peine perdue en quête de chimères:
Mes déesses sacrées n' étaient que des commères..
Décembre 1986( merci ma Zeta, je ne sais pas ce qui l' a inspiré mais je le trouve amusant!)