samedi 14 août 2010

disponible dans les kiosques

Raoul Dufy:le paddock Le temps tourne l' aiguille en tissant sa dentelle,
Le mouvement agite en vain son éventail,
Ce siècle éteint se fige en ouvrant le portail
Du jardin de beauté qui vit à Bagatelle.

Les étangs sont miroirs pour l' âme ensorcelée,
La promesse se baigne à l' onde des cascades,
L' harmonie se précise au gré des promenades,
Le kiosque a consolé les amants esseulés.

Gravissant la spirale, enfin je l' oserai,
Cet éternel serment qui scelle notre pacte,
Les hommes et les dieux enfin en prendront acte:
Car je t' épouserai en cette roseraie.

Le mot et la couleur souvent si démunis,
En cette ère du chiffre allié au rendement,
Vont publier les bans d' un mariage dément:
Un peintre et un poète dans ce parc unis.

samedi 7 août 2010

physique cantique

Ernst Fuchs: David et Bethsabée Une vie en bouton aussitôt effeuillée,
Bourgeonne à fleur de peau comme un noir mélanome,
Et l' encre ensanglantée qui pleure dans tes psaumes
Résonne en triste écho sur ta lyre endeuillée.

A quoi bon être roi au bras de Bethsabée
Pour finir en momie que les prêtres embaument
Ou tenir une main toute froide en sa paume,
Serrant contre son sein un petit macchabée?

Quant à la pécheresse oppressée de remords
Qui en tenant ton sceptre avait la terre entière,
Elle voit en son ventre un affreux cimetière,
Tabernacle morbide pour un enfant mort.

Terrible tentation!répudier la fautive,
S' imposer des regrets aussi gluants qu ' un poulpe,
Errer comme un maudit, gémir ,battre sa coulpe
En hurlant dans le temple d' acres invectives...

Apaise toi, David, heureux nous te nommons,
Nous, hermétiques anges porteurs de messages,
Car ta femme éplorée portera le plus sage
Parmi tes descendants:le noble Salomon.

La tige de Jessé aux racines antiques
Fera éclore en lui sa plus rare orchidée,
La reine de Saba célébrant ses idées
Viendra lui inspirer le plus beau des Cantiques.

jeudi 15 juillet 2010

Mouloudji, La Complainte de la butte

Le Sacré coeur a ses raisons

Utrillo: Montmartre
Photos:moi-même,hu hu!

Il ressemble à l' amour, ses façades trop blanches,
Ses domes byzantins par trop occidentaux,
Des oraisons désuettes sont les blancs manteaux...
Sur son parvis pavé les couples se déhanchent.

Cerise du gateau des sommets de Paris,
Il essuie les affronts de tant d' iconoclastes,
Des fientes des pigeons qu' indiffère son faste
Aux larmes des amants,ruisseau jamais tari.

Ses mozaïques d' or souvent deshonorées
Par les regards impies de leurs yeux froids nous toisent,
Indignées vainement: les profanes dégoisent,
Insouciants de leur Dieu aux peines ignorées.

La ville est une mer dont son choeur est le phare,
J' ai rêvé nos amours entre rime et couleur,
Naufragées de la gamme entre extase et douleur,
Qui trouvaient un refuge en son reflet blafard.

mercredi 30 juin 2010

Lore du Rhin

Krupa krupinski, Loreley

Koler Johan, Loreley

Pyle Howard ,the mermaid

Von steinle, Loreley



Le vent souffle l' hymen en déroulant tes boucles,
Comme un vieux volumen, savante Loreley,
L' alchimie en tes yeux que de longs cils balaient
Luit en reflets curieux comme des escarboucles.

Si l' eau se change en or,ce n' est pas la voilure
De ce précieux esquif qui porte ton amant,
Comme une arche sertie d' un fleuve de diamant
Naviguerait sur l' onde de ta chevelure.

Ce n' est pas le trésor de ton puissant royaume
Offert au dieu du fleuve afin de l' implorer
Qui allume le sable en rayons colorés
Quand tu vas au couvent auréolée de psaumes.

Ce n' est pas le foyer des braises qui s' emballent
Au tourbillon moqueur d' orgiaques sabbats
Flambant aux abysses,enfers marins, là bas,
D' un fluide sang de feu paraphant la cabale.

Non, quand tu t' es noyée, lunaire loreley,
Lassée de ton reflet, maléfice inutile,
Fardée du teint blafard de ton masque futile,
Ton coeur se liquéfia en larmes de soleil.

lundi 28 juin 2010

Aimer à perdre l' horizon

El Greco: le tryptique de Modène.

Entre neiges et flammes l'iris grelottant,
De ton oeil qui me damne, utopique géhenne,
D' un voile noir et blanc,triste énigme égéenne,
Grise L' ambré halo aux reflets tremblottants.

Comme le fier Numide a dû capituler,
Mon coeur décapité se noie en rive humide,
Ton regard égorgé si grave m' intimide,
Ce lacrymal nectar, ma coupe de Thulé.

Ophélie naufragée d' acryliques canaux,
Des huiles colorées je veux être alcoolique,
Tes toiles ont tinté d' hymnes mélancoliques,
Ton art,oeil de Caïn, me ceint comme un anneau.

lundi 21 juin 2010

l' expo too munch du dernier cri

madone, le baiser,Munch



Hardi, coup de crayon, va -t-en dessiner l' isthme,
Entre ébauche et génie,Tranche donc sapristi,
Profane du parfait la noble sachristie
Suscite des groupies l' enthousiaste snobisme.

Assume le brouillon, jouis de l' inachevé,
Dans l' ébauche l' impie verra son nombre d' or,
Dans l' informe l' ignare ira au dieu qui dort,
Tenant ferme un flambeau qui brûle à ton chevet.

Tu savais que ton cri fut le fruit du hasard,
Toi peintre clandestin en tes tatonnements,
Tu vomis des critiques les annonements
Qui voient l' académisme en ton art maquisard.

Dans tes portraits en ombre et rouge vermillon,
Où la bouche est un gouffre béant sur nos âmes,
Un seul de tes tableaux est du beau le césame,
Ce cri controversé, d' une oeuvre l' aiguillon.