jeudi 17 mars 2011

J' ai rêvé de l' or

Photo d' Anne Laure K dont je ne me remets pas du départ.



Dédicace à l' ange des planisphères envolé sur " les ailes du désir" et dont " les tableaux parisiens" opéraient des " métamorphoses" de K.

Dans une vision me vint la capeline
D'une nymphe des sources jaillies des jardins,
Venue pour sublimer les brouillards citadins
D' un vaporeux froufrou de robe en mousseline.

Aucune tentation des rues tentaculaires
N' a jamais corrompu cette âme de cristal,
Car l' angélique fleur au pinceau de métal
Disperse la lumière aux cieux crépusculaires.

Ses images sacrées sont du beau le passage,
Ayant ouvert Paris comme portes de temple,
Ce coeur pur palpitant , enfin je le contemple
Ce coeur pur qui frémit comme un vert paysage,

Tu es reine en tous lieux, une perle enchâssée,
Toi, l' or des cryptes sombres allumées de flammes,
Qu' au fer rouge la marque du pire des blâmes,
Entâche le front noir de qui t' aura chassée.



lundi 14 mars 2011

"Para nós"

Pardon aux victimes des lames hantées, j' ai honte de me lamenter .





Dali: la métamorphose de Narcisse.


Quelle ombre de soupçon s' abat comme une chappe,
Ma prison maculée d' un code pariétal,
Trahit de noirs complots.Un rire de métal
Cinglant comme un crachat prouve que tout m'échappe.

Des trames d' arachnides m'ont embobiné;
Muse de ce tableau,de cet air le mécène,
Quel est le dramaturge des burlesques scènes
Qui se jouent à huis clos dans d' obscurs cabinets?

Ils sont là tous ligués,avec des mots de passe,
Détenteurs de nos clés, maîtres de nos destins,
Faisant de nos arcanes un mystique festin,
Pointant aux horizons leur aile de rapace.

Tais toi, âme enfiévrée,Le globe est un pinacle
Qui ignore du laid la putride tumeur,
Le seul bruit colporté des bruissantes rumeurs,
Autour de nos amours bâtit un tabernacle.

mardi 8 mars 2011

La chatte sur un toi brûlant




 Renoir: jeune garçon au chat.


Si un soir une chatte à tes pieds se frottait,
En ton jardinet insulaire,
Ou qu' en entrechats souples vienne tressauter,
Dans le printemps crépusculaire,

Laisse la donc entrer juste pour une nuit:
Elle saura par ses caresses,
Te délasser de la blessure de l' ennui,
En te faisant mille tendresses.

Sa queue de soie dressée comme un orgueilleux if,
Effleurera tes mains diaphanes,
Pour toi seul le velours tapissera ses griffes
Aux ardeurs sacrées de profanes.

Sérieuse et pensive comme un ancien Kopte,
Elle connaîtra tes pensées;
Ses yeux pers supplieront en vain que tu l' adoptes,
Ses deux prunelles insensées.

Que s' égarent tes doigts sur son corps à l' envi
Sans se soucier de l' avenir:
Elle a pour te hanter sans se lasser neuf vies,
Neuf vies emplies de souvenirs.



mercredi 2 mars 2011

L' or ténébreux des ruines



Friedrich: cimetière


Fenêtre écarquillée lorgnant sur l' infini,
Dédale d' escaliers débouchant sur le vide,
Un mur inachevé aux bouches bées avides..
La mousse mord la ruine comme une érinye.

Mais quelle majesté dans cette humble détruite!
La sirène des trompes d' or de Jéricho
Souffle dans les couloirs comme un lugubre écho
Qui résonne aux créneaux des murailles en fuite.

Promeneur égaré le poète rêvasse
Aux pans à redresser, au monde à rebâtir,
A l' appel du passé qui pousse au repentir,
Au défilé du temps sur la nature lasse..


vendredi 25 février 2011

Bon app..el au peuple!



Nul ne connaît le jour, ni l' horloge ou la fin
Du cadran aiguillé où danse une balance,
Qui peut jeter les dés , quel destin les relance,
Sur quel livre de sable doré à l' or fin

Que lisent en chantant les choeurs de séraphins?
Avant d' y figurer, je voudrais à ma table
Ceux pour lequel est mort l' homme Dieu de l' étable
Avide d' apaiser nos soifs et notre faim.

Afin que ne soit dit parmi ma descendance
Qu'en vain pauvres venaient à mon vantail heurter
Ayant avec Famine trop longtemps flirté,
Mais par ma faute entrant dans la macabre danse.

le bon samaritain, Delacroix

lundi 14 février 2011

Paris , je te quitte pour un temps.



 Utrillo, Le sacré coeur.



Paris ne rit pas toujours


Le monde se résume en toutes ses façades,
Des verdâtres néons aux flammes des lanternes,
Des verrières de l' arche à la vieille poterne,
des rires de la foire au sang des palissades.

Paris porte son livre ouvert des millénaires,
Roman fleuve chargé des pleurs et des secrets
Que les pigeons confient à ses bateaux ancrés,
Aux reflets des enseignes et des luminaires.

J' ai rêvé de ces nuits où le jour s' éternise,
Des cafés populeux dont l' ethnie fraternise,
De fontaine gloussante et de place en quinconce,

De lampions et de bals dans le soir étésien,
D' airs de jazz échappés des moiteurs d' un caf'conc',
Je crois que j' éprouvais les coeurs des Parisiens. Ecrit le 25 novembre 2009.

dimanche 13 février 2011

val antique...langoureuse saint valentin à tous!



Rossetti:Paolo et Francesca.


Ce n' est pas parce que cette fête paradoxale et controversée ne concerne pas les vieux couples au dessus de ces démonstrations frivoles , les couples anti manipulations commerciales ou les célibataires plus ou moins récents, cochez la bonne réponse, qu on ne va pas se laisser aller à un petit poème sensuel et amoureux dédié à tous les amants qui demain soir s' aimeront pour toute la vie.

C' est un paradis pur que l' auberge des songes,
Où ton parfum chassa bien des vapeurs putrides,
Où ta vigueur calma bien des émois liquides,
De ce rêve éveillé la nostalgie me ronge.

Si mon souffle de lyre t' emprisonna l' âme,
Comme langue fiévreuse d' antique serpent,
Ton murmure a charmé la voûte des tympans
De mon temple effondré, plus pénétrant que lâme.

J' emporte ton baiser dans le secret des tombes,
Flambeau pour éclairer mes cryptes et leurs mythes,
Torche pour dégeler d' opaques stalagmites,
Torrent perlé d' écume défilant en trombe.

Voulais -tu triompher, tu peux chanter victoire:
Cette aube de mes nuits a sonné tous les glas,
J' oscille entre l' éther, la braise et le verglas
Et mes doigts de ta peau se racontent l histoire...

Contre vents et marées aime moi quand bien même,
Courtisane d' un roi avide de plaisirs,
Odalisque effrontée , féale d' un vizir,
Je dusse être enchaînée dans un obscur harem.

Texte écrit le treize février 2011.