mardi 12 avril 2011

La leçon de piano à quatre mains



Coucher de soleil par Renica: http://exercicesdestyles.blogspot.com/


Poème fait en temps limité avec Maxence:
http://przyborowski.unblog.fr/


L'ANTRE DE MONDES


L' écho d' une autre vie luit comme un luminaire,
Ainsi que dans l' éther brille l' orbe de l' âme,
Dont le corps chante l' air d' un piètre épithalame
De la Terre aux Cieux s'élèvent les mystères...


Rappelle-toi, jadis ,tu fus mon autre moi ,
Je contemple à nouveau le naguère en tes yeux,
Rassasiant mon désir d' apprendre en ces aïeux,
Secrets qu'enferme hier dans son écrin de bois.


Retrouvons la mémoire au galbe des statues
Promenons nos esprits sous d'antiques soleils
Sombrons dans l' autrefois, ce lumineux sommeil
Archers, brandons nos arcs vers d'autres étendues...


Couronnés d' univers comme des déïtés
Réinventons tous deux la voûte des étoiles...
Ton sillage peindra la mer comme une toile,
Les voiles déployées voguons vers Vérité...

dimanche 10 avril 2011

Que la joie ne soit pas que pour les demeurés



 L'éternel printemps d'après Rodin, peinture de Rénica.

 Blasés , la blouse usée ,attendant la relève,
Utiles laborieux des blèmes matinées,
Forçats suintant l' effort aux paumes patinées,
Artisans de nos rues, que vos printemps se lèvent!

Solistes associés assassinant les rêves
A coup de mots stylets pour couple suicidé,
L' acide accord tacite a ceci décidé:
Union perpétuité.Que vos printemps se lèvent!

Toi , fou, hurlant ton mal, poing levé sur la grêve,
La tête harassée d' un ressac incessant,
Quand dans le ciel crasseux tombe un soir indécent
Tu te croirais damné, que ton printemps se lève.

Nous tous aux cent secrets ,si cruels qu' on en crève,
De feinte en faux -semblant contraints de composer,
Refoulant la révolte et refusant d' oser
Rompre les cours des vies dont nous sommes élèves.

Prenons les fleurs des chants que la brise soulève,
De nos plumes d' oiseaux traçons nos destinées,
Les arts vont nous vêtir d' une peau satinée
Qui se frotte au printemps toute gorgée de sève.


vendredi 1 avril 2011

tentative de modernité



Chirico: l 'homme cible



Le prisonnier déchu lorgnant son vasistas,
Tant de croix sur le mur comme des métastases,
L' hybris est retombée comme morne protase,
Apprendre les espoirs, un par un sur le tas.

Le soldat bouc émis d' enjeux qui le dépassent,
Sa chair écartelée de hyènes le repas,
Orbites évidées béant sur le trépas,
Se tourner vers l' ailleurs à l' abri des rapaces.

Le furieux tourmenté de l' angoissante masse,
Sa folie au cerveau implantée comme un mât,
Angoisses enlisantes en un bourbeux coma,
Croire à l' ardeur sacrée , cet art qui te damasse.

Le malade élimé que la douleur terrasse,
Le malaise alarmant le ronge comme un rat,
Drapé comme un linceul dans son lit d' apparat,
Un demain lumineux dans un rire l' embrasse.

Mon amour malmené en malsaines mélasses,
Du sucre au fiel mêlé de sel et de miellat,
Ce sauveur que mon mal jamais ne rende las,
Remettre la rondeur du globe bien en place.

samedi 26 mars 2011

La mort du voisin



Anonyme du dix-septième


A monsieur Leyninger

Réverbères branlants aux rues de nos mémoires,
Vos yeux sont les judas sur des ciels à venir;
Vos mains nouées se tendent comme des menhirs;
Des floraisons fanées embaument vos armoires...

Témoins d' anciens chaos, vous êtes l' éperon
Qui de tous nos excès pourraient tirer l'alarme..
La lenteur empesée de vos gestes désarme...

D' ébréchés bibelots,d' étoilés napperons
Ornent le bois grinçant de vos rustiques meubles;
Les vases sont fêlés comme voix qui s' éraille.
La souffrance en vos rides peut se lire en braille,
L' âge sculpte vos peaux comme une glaise meuble.

Vos paroles ont l'or de l' automne des saules,
Chrysostome oeil d' Horus, votre bouche a puisé
A tout arbre de vie une sève épuisée
Dont la croix de douleur pèse sur vos épaules.

Maudit qui vous ignore, impie qui vous méprise,
Il fait un sacrilège à son propre tombeau,
Comme Isis j' aimerais rassembler les lambeaux
Des éclats dispersés de vos joies incomprises.

dimanche 20 mars 2011

latitude portuaire



Leonor Fini, le bout du monde.


J' irai finir mes jours en un vieux port de pêche,
Parmi les matelots hâves et burinés
Par le vent et la pluie qui vont tambouriner
Sur les carreaux épais et les portes revêches.

J' écouterai le chant de la mer gourgandine,
Le verbe des marins, sages mais ignorants,
Les dévotions désuètes des humbles orants
Qui vont purifier l' air d' effluves citadines.

Mon homme aura vieilli comme l' or patiné,
Mes ses yeux transparents me transperceront l' âme,
Sur son coeur indompté plus ardent que la flamme,
Se poseront, émues, mes mains ratatinées.

Tous les déchirements se seront raréfiés;
Dans la baie radoucie où les bateaux se mirent,
La rade étirera un éternel sourire
Auquel nous répondrons sous le ciel pacifié.


jeudi 17 mars 2011

J' ai rêvé de l' or

Photo d' Anne Laure K dont je ne me remets pas du départ.



Dédicace à l' ange des planisphères envolé sur " les ailes du désir" et dont " les tableaux parisiens" opéraient des " métamorphoses" de K.

Dans une vision me vint la capeline
D'une nymphe des sources jaillies des jardins,
Venue pour sublimer les brouillards citadins
D' un vaporeux froufrou de robe en mousseline.

Aucune tentation des rues tentaculaires
N' a jamais corrompu cette âme de cristal,
Car l' angélique fleur au pinceau de métal
Disperse la lumière aux cieux crépusculaires.

Ses images sacrées sont du beau le passage,
Ayant ouvert Paris comme portes de temple,
Ce coeur pur palpitant , enfin je le contemple
Ce coeur pur qui frémit comme un vert paysage,

Tu es reine en tous lieux, une perle enchâssée,
Toi, l' or des cryptes sombres allumées de flammes,
Qu' au fer rouge la marque du pire des blâmes,
Entâche le front noir de qui t' aura chassée.



lundi 14 mars 2011

"Para nós"

Pardon aux victimes des lames hantées, j' ai honte de me lamenter .





Dali: la métamorphose de Narcisse.


Quelle ombre de soupçon s' abat comme une chappe,
Ma prison maculée d' un code pariétal,
Trahit de noirs complots.Un rire de métal
Cinglant comme un crachat prouve que tout m'échappe.

Des trames d' arachnides m'ont embobiné;
Muse de ce tableau,de cet air le mécène,
Quel est le dramaturge des burlesques scènes
Qui se jouent à huis clos dans d' obscurs cabinets?

Ils sont là tous ligués,avec des mots de passe,
Détenteurs de nos clés, maîtres de nos destins,
Faisant de nos arcanes un mystique festin,
Pointant aux horizons leur aile de rapace.

Tais toi, âme enfiévrée,Le globe est un pinacle
Qui ignore du laid la putride tumeur,
Le seul bruit colporté des bruissantes rumeurs,
Autour de nos amours bâtit un tabernacle.