mercredi 5 octobre 2011

Mon lecteur silencieux



 Erato, Sir Poynter.

 Bon anniversaire mon géant danois, je te souhaite...rien, car tu as déjà tout...et j' ai même l' impression que tu as un sacré ticket avec Erato!Regarde elle est toute triste en t' attendant!

Mon homme a la pudeur du nu sans fausse honte,
Il a dans ses yeux clairs force et honnêteté
Des peuples opprimés,des parias rejetés,
De tous ceux qu' aucun affront jamais ne démonte.

Mon homme a la splendeur de radieux avenirs,
Tout le sang du soleil circule dans ses veines,
Il oppose son rire à mes angoisses vaines,
Mon frère, mon amant, ne vois tu rien venir?

Mon homme a la puissance du sage Gandhi,
Il est le seul héros de tous les anciens contes,
De chaque heure du jour il sait faire le compte,
Il ne vieillira pas car sans cesse il grandit.

jeudi 29 septembre 2011

A tous les parasites de ma planète



 Fussli: le cauchemar



On n' a pas su flairer leurs effluves infectes,
Ni voir leur nuée noire assombrir l' horizon;
Leurs colonies forment des barreaux de prison
D'où l' on ne peut sortir pas plus que d'une secte.

Cette armée s' insinue, prolifère à foison,
Impose sans éclats sa carapace terne,
Vous voilà menacé par ce péril interne,
Condamné à languir sous ce subtil poison.

Ils sont suceurs de sang qui boivent sur vos lèvres,
En vous assourdissant de leurs bourdonnements,
Jetant la confusion même en qui point ne ment,
Chassant l' air des poumons en pesant sur la plèvre.

Viande de ce festin, carcasse du méchoui,
J' attends sur mon autel que l' on me débarrasse
De cette race immonde d' animaux voraces,
A qui je ne dirai qu ' un sempiternel : oui.

Mais je rêve d' affronts, de paroles acides,
D' arènes maculées, de rouges pugilats,
De leur peau violacée d' ecchymoses lilas...
Un jour j' inventerai un bon insecticide.


mercredi 21 septembre 2011

un de ma race



 Burne-Jones: Pygmalion et Galatée


A se cogner la tête à des murs sans oreilles,
On devient le tambour que les coups de poing crèvent,
Calebasse évidée, aux échos qui font grève,
Sourde aux voix qui promettent des monts et merveilles.

J' ai cru à des ailleurs, errants de nulle part,
Pour poser mon bagage alourdi de mes pleurs,
Tout là bas, hors du temps, sans frontière et sans heurts,
Vers des mondes meilleurs, vers de nouveaux départs;

J' ai cru à des sauveurs , messies d' anciens secrets,
Qui trop portaient leur croix pour consumer la mienne,
Mais ils ont immolé mon humeur bohémienne,
Nommée sorcellerie par d' austères décrets:

Gavés de certitudes jusqu' à la nausée,
Ils violaient les couleurs de ma toile idéale,
Ils m' assujettissaient et j' étais leur féale,
Pauvre esclave alanguie aux rêves cyanosés.

Vint Toi ,que je croisai jadis en Arcadie,
Tout ton être est la clé, tout ton corps est la porte,
Ta voix sait ranimer mon âme à demi morte,
Pigment pour aviver les teintes affadies.

Ton souffle créateur est une perfusion;
Je suis la Galatée éprise du démiurge,
Ta main me remodèle et ta science me purge,
Façonnant de vraies formes sur mes illusions.

mercredi 14 septembre 2011

Dualité




 Fussli: Thor terrassant le serpent


Une nuit où la lune offrait ses formes rondes
Aux esprits tourmentés de soifs inassouvies,
J' entrevis le dessin de ces vagues envies
Blessant le coeur inquiet de leurs magmas qui grondent.

Faudrait-il redorer le choeur des cathédrales,
Payer le prix du sang des chairs déchiquetées,
Rapatrier chez soi les parias rejetés,
Apaiser de sa main l' agonisant qui râle?

Etre une élite ailée auréolée des lueurs
Des aubes embaumées d' un parfum de pardon,
Voir la fleur sommeillant au milieu des chardons
Entrevoir le rayon sous le nuage en sueur.

Mon maladif miroir recouvert de pustules,
Cesse donc de blamer mes lâches échappées,
De dégoûts impuissants je suis la rescapée,
A qui est- ce la faute si je capitule?

Il me faudrait la force des anciens héros
Pour extirper l' ivoire enlisée dans la crasse,
Pour chasser de l' angoisse une emprise rapace
Il faudrait les armées d' antiques généraux.

Alors doit-on aimer le péché qui fascine,
Lasser de faux bonheurs son âme lacérée,
Epuiser sa carcasse aux os dégénérés
Dans les mortels poisons du mal à la racine?

J' abandonne la boue des bouges infamants,
La fuite est une offense au bien que l' on gaspille,
Mon arme de combat désormais je la pille
Au sourire si franc des yeux de mon amant.

mardi 30 août 2011

L' art se nique



 Grimshaw: London bridge night


Toi qui viens t' immiscer dans l' onde des toisons,
Létal baiser qui brise l' océan étale,
Oseras tu troubler ma rêverie foetale
Humectant mon hymen de ton mortel poison?

Nul tabou n' aboutit au seuil de tout on-dit,
Et la maladie même dont on dit du mal
Ne glace pas les sangs de son fluide hiémal
Car l' énergie de vivre en nos veines bondit.

Tu m' as inoculé le culte des mâtures
Avides des ailleurs aux lointaines saveurs;
Ce virus d' étranger d' ores a mes faveurs
Pour grandir l' horizon de mon âme immature.

Amibe du voyage , contamine moi,
Aux îles ignorées emmène moi bacille,
Ne laisse pas à terre cette ombre imbécile
Insipide,insensée, sans pensée , sans émois.


mardi 9 août 2011

quatrociento



Fuchs: Adam et Eve



Une montée de sève
Venue des âges d'or
Guérit le mauvais sort
Quand le soleil se lève.

Au sortir de la nuit
Dieu que le ciel est beau,
L'ombre fuit en lambeaux
Au sortir de l' ennui.

Orante de l' aurore,
Mains jointes je supplie
Que la joie qui m' emplit
Tout le jour dure encore.

J' attendais qu' on m' emporte
Aux lointaines lueurs,
A l' abri des tueurs
Qui m' ont laissée pour morte.

Ce matin est oracle
D'universel pardon,
Un putréfiant cordon
S' est rompu par miracle.

C' est un repas servi,
Dont l' abondant festin
Fortifie nos destins
Pour savourer la vie.

mercredi 3 août 2011

demain



La danse macabre sert à montrer l' absurdité cynique de notre mort et notre égalité devant elle.



Aux babines la bave et sous la peau la rage,
Traînant le chapelet des heures égrenées,
Bouillant de bile noire en mon coeur gangrené
J' étais un opiomane à bout de son sevrage.

Tes yeux m' ont poursuivie comme l' oeil du caveau,
Jusqu' aux jours de labeur pour épuiser la chair,
Jusqu' aux nuitées, cuitée,Je l'ai payé bien cher
L' oubli de ces yeux là, ces yeux fleurs de pavot.

Les rires sans ta voix rendaient un son odieux,
L' alcool avait un goût de matière fécale,
La danse simulacre se traînait , bancale,
Telle macabre fresque de la Chaise -Dieu.

Pour qu' à nouveau mon sang afflue d' un tournemain,
Que la sève reparte en mon jaune décor,
Pour que soient réunies l' ombre et le pâle corps,
Je n' ai plus qu' à survivre en attendant demain.