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mercredi 14 septembre 2011

Dualité




 Fussli: Thor terrassant le serpent


Une nuit où la lune offrait ses formes rondes
Aux esprits tourmentés de soifs inassouvies,
J' entrevis le dessin de ces vagues envies
Blessant le coeur inquiet de leurs magmas qui grondent.

Faudrait-il redorer le choeur des cathédrales,
Payer le prix du sang des chairs déchiquetées,
Rapatrier chez soi les parias rejetés,
Apaiser de sa main l' agonisant qui râle?

Etre une élite ailée auréolée des lueurs
Des aubes embaumées d' un parfum de pardon,
Voir la fleur sommeillant au milieu des chardons
Entrevoir le rayon sous le nuage en sueur.

Mon maladif miroir recouvert de pustules,
Cesse donc de blamer mes lâches échappées,
De dégoûts impuissants je suis la rescapée,
A qui est- ce la faute si je capitule?

Il me faudrait la force des anciens héros
Pour extirper l' ivoire enlisée dans la crasse,
Pour chasser de l' angoisse une emprise rapace
Il faudrait les armées d' antiques généraux.

Alors doit-on aimer le péché qui fascine,
Lasser de faux bonheurs son âme lacérée,
Epuiser sa carcasse aux os dégénérés
Dans les mortels poisons du mal à la racine?

J' abandonne la boue des bouges infamants,
La fuite est une offense au bien que l' on gaspille,
Mon arme de combat désormais je la pille
Au sourire si franc des yeux de mon amant.

samedi 16 juillet 2011

L' absence



 Friedrich: L'abbaye dans une forêt de chênes.


L' absence est cri strident dans une bouche ouverte,
C' est le jour torturé
De vide saturé
S'étirant vers la nuit des lendemains inertes.

C' est le gémissement de la peau orpheline
Sous l' invisible main,
En quête du chemin
Sillonné du dessin de la trace féline.

Une voix modulée, de l' âme le murmure
Diminue puis s' éteint,
Une glace sans tain
Enferme son écho comme sous une armure.

Tu pars, tu es parti et chaque heure est un glas,
Le train du temps déraille
Sonnant les funérailles
De nos rires soleils à briser le verglas.

Ta guitare muette est un meuble inutile,
Son oeil noir de cyclope
Me scrute, Pénélope,
Horloge sans aiguille qui pourtant mutile.

J' ai mal à ton absence.Vers ta chair se tendre.
Hiberner, animal,
Pris d' un sommeil hiémal.
Corps recroquevillé.Ne plus sentir.Attendre.