Et par le pouvoir d'un mot Je recommence ma vie Je suis né pour te connaître Pour te nommer En d' autre mots car je ne suis pas Eluard, que jamais on ne nous dicte notre conduite et que l' on décide de ce qui est digne ou pas de nous. Liberté.
mardi 16 novembre 2010
samedi 13 novembre 2010
l' émotion des moissons , les moissons d' émotions

Grand jeu d' un âge étrange,
Courtois et médiéval,
Grapiller dans le val
Le bon grain qu' on engrange;
Enrichie de semailles,
Des champs la mosaïques,
Au son des chants laïcs,
Tissée d' or en ses mailles
Embarque pour Cythère
Un glaneur au bras ferme,
Une fille de ferme,
Amoureux de la terre.
La moisson de l' automne
Est une mort de cygne,
Il faut piller la vigne
Avant que ciel ne tonne.
Au soir faire ripaille,
De vin s' emplir la panse,
Ultime récompense,
Se vautrer dans la paille!
Van gogh: le semeur, le soleil
lundi 8 novembre 2010
L' air et le feu

Tu siffleras en vain la valse des bourrasques,
Soulevant les haillons de mon jupon sanglant,
Sifflant les viles salves de jurons cinglants,
Pour à peine effleurer l' or rougi de mon masque.
J'ai beau tenter l' ardeur de braises inutiles
En gerbes d' étincelles afin de te figer,
Mais tes airs arrogants pas même fustigés
De leur dur ouragan sans peine me mutilent.
O vent je suis le feu, de toi je me nourris,
Je consume affamé les rêves dépités,
Ton souffle est le baiser qui me fait crépiter,
Ce baiser sur mes plaies ouvertes qui sourient.
Ta longue haleine un soir de sa langue touchant
La langue de ma flamme enfin cautérisée,
Tes soupirs emmêlés à mes pleurs irisés
Offriront à l' aurore leur soleil couchant.
Georg Grosz: explosion
mardi 2 novembre 2010
Catalane strophe

O Catarinetta bella
La nature amplement prodigua ses largesses,
Sur ton berceau les fées longtemps se sont penchées,
Laissant leur grâce ailée mouvoir ton déhanché,
Gitane qui n' agis pourtant qu' avec sagesse!
Nouvelle Esmeralda éclipsant les Phoebus,
Ton regard lumineux fait rougir bien des astres,
Mais il darde, amusé, dédaigneux des désastres,
L' inextinguible feu d' un mystérieux rébus;
Beau fauve, il n' est pas né, celui qui domptera
Le souple mouvement de tes danses félines,
Qu' il ose à ton balcon sa chanson cristalline,
Sa douce sérénade en vain te tentera;
Il est un seul secret profond comme la tombe
Pour lequel ta main fine enfin pourrait vibrer,
Pour lequel l' aube et l' ombre enfin équilibrées
Pourraient ressusciter la lueur qui succombe,
La lueur de l' espoir.Quel est donc ce secret?
Tu cherches l' alchimie des beautés bicéphales,
Rêves manichéens, pierres philosophales...
Ne le savais- tu pas? C' est en toi qu' ils se créent!
Picasso: femme en costume espagnol
lundi 25 octobre 2010
la version originelle

"Entre la femme et toi sera l' inimitié."
Qu' allais tu donc quérir au coeur de cette pomme,
Avide du savoir qui seul tenterait l' homme,
Mais vous mériterait des guerres sans pitié?
Sur ton corps façonné par un démiurge esthète,
Des formes ondulantes furent dessinées
En souvenir de l' ombre qui t' a fascinée
Quand ton pire ennemi vers toi dardait sa tête.
Ce serpent ce n' est pas un caducée d' airain,
Ni un mâle attribut,qui du haut mal guérisse,
Il n' est pas de Satan l' horreur qui te hérisse,
Il est dans ton miroir le reflet vipérin.
Blake: Eve tentée par le serpent
Libellés :
dorian gray,
être ou ne pas être,
le chevalier double
dimanche 17 octobre 2010
Nekuia

Volcans incandescents, eaux troubles ,sables d' ocre,
Mortifères cours d' eau, roches dont les cerneaux
Enserrent l' âme élue de leurs bras infernaux,
L' âme haïe du vulgaire, abhorrée du médiocre,
Je vous traverserai.Elle est la clef de voûte
D'édifices secrets des royaumes défunts,
Son corps non corrompu exhale un tel parfum
Qu' il voile les relents de soufre de vos soutes.
Sans tourner son regard vers d' anciens souvenirs,
Son doigt au mien uni comme Adam au démiurge,
Atteignant la surface où l' ascèse nous purge,
Elle fera de nous un ciel en devenir.
Delville: Orphée et la danse des âmes
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